epurphyto

Epurphytos

Produire consiste à utiliser les outils que la recherche et la technique mettent à la disposition des agriculteurs. Dans le cadre d’une conduite dite « conventionnelle », l’agriculteur est amené à utiliser des herbicides pour contrôler les mauvaises herbes, des fongicides pour lutter contre les maladies voire des insecticides pour éviter que sa production ne soit trop impactée. Si les pouvoirs publics encadrent parfaitement la commercialisation et l’usage de ces « pesticides », le Comptoir agricole accompagne leur utilisation chez le producteur, de la mise à disposition associée à un conseil adéquat jusqu’à la gestion des emballages vides et des produits non utilisés. Lesquels sont éliminés via des filières adaptées. Malgré ces efforts, la mise en œuvre de ces produits n’est pas sans risque : une faible quantité  peut se retrouver dans l’eau. Et nous sommes persuadés qu’une maîtrise accrue des phases de remplissage et de lavage du pulvérisateur est de nature à limiter ces fuites vers le milieu naturel.

Après récupération de ces eaux contaminées, il est possible de les retraiter. De nombreux dispositifs plus ou moins efficaces et onéreux existent. Certains d’ailleurs proposés par notre coopérative.

Mais il y a quelques années, les chercheurs du CRITT RITTMO de Colmar,  se sont rendus compte que les bactéries qui se développaient sur les sédiments accumulés dans des bassins d’orage étaient capables de dégrader les produits de traitement utilisés en viticulture. Par sélections successives, plusieurs cocktails de ces bactéries – appelés consortium – étaient identifiés. A ce stade, le Comptoir agricole a proposé une collaboration avec RITTMO. Notre objectif était simple : mettre au point un procédé biologique, rustique et performant pour retraiter les effluents phytosanitaires. Après discussion avec la Région Alsace, l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse et la Chambre d’agriculture du Bas-Rhin, il s’est avéré que le bassin versant de la Souffel, à l’ouest de Strasbourg serait un bon choix de cadre expérimental. C’est ainsi qu’est né le projet Souffel Epur Phytos.

Six mois durant, une stagiaire a travaillé afin de recréer artificiellement un effluent moyen tel qu’il pourrait s’en trouver si quelques dizaines d’exploitations mettaient en commun leurs eaux de lavage de pulvérisateurs. Après de longues et coûteuses analyses, nous avons réussi à mettre en évidence que la très grande majorité des molécules étaient dégradées à plus de 90% en une semaine à peine. A condition bien entendu que le milieu liquide soit correctement oxygéné. De cette observation est née l’idée d’en faire un dispositif opérationnel pour les adhérents de la coopérative.

Un projet de longue haleine qui se fera avec les producteurs

Après la mise en place d’un comité technique de pilotage début 2010, une enquête en culture  a permis de comprendre plus finement les pratiques en termes de remplissage et de nettoyage des pulvérisateurs. Le besoin des exploitants a été posé, ce qui a permis de cerner les volumes à retraiter. En parallèle, sur son site du Biopôle de Colmar, le RITTMO est le théâtre de tests grandeur nature, de manière à vérifier que le dispositif est toujours aussi efficace lorsque les volumes traités sont proches de la réalité. Nous en sommes à ce stade.  Bien entendu, le cahier des charges de ce projet stipule qu’aucun rejet ne parvienne au milieu.